mardi, octobre 18, 2005

Empire

C'est malheureux que notre histoire ne semble exister que dans la violence. Est-ce l'impossibilité d'un lendemain, la complexité labyrinthique et sans issue du nous qui la rend si intense? Encore un flot interminable de questions sans réponse envahit mes heures creuses, toutes ces heures creusées par la recherche excédée d'une sortie.

Encore hantée par le sort que jette la nuit la plus sombre, du coup de 3h du matin, je reviens mentalement vers ses plages de chair tendre dans lesquelles j'ai besoin d'enfoncer mes incisives. Cet instinct de possession animale, cet enivrement...

C'est presque chiant de savoir qu'il a un tel empire sur moi, comment est ce qu'il peut me mettre dans cet état? Qu'est ce qui fait que je me sens rougir quand je suis sur mon bureau en train d'essayer de fixer mon ordi et que j'ai des flash-back? Qu'est ce qui fait que je regarde gênée autour de moi en me demandant si ça ne se voit pas sur ma tête, ce à quoi je suis entrain de penser... La violence du plaisir doublement ressenti dans le souvenir, ce prodige de la mémoire qui est capable de te ramener le sentiment exact du moment rappelé, la réminiscence intense de l'acte en lui même, te rapporte le sang sur les joues l'espace de quelques secondes.

Je remémore sans même le vouloir, obsédée, au moment le plus inattendu, la vague de chaleur qui m’envahit lorsqu’il est sur moi, juste au moment ou me pénètre. Et ça fait presque peur.

J’ai toujours entendu dire que les hommes ont au moins une vingtaine de pensées sexuelles par jour, c’est comme ça pour eux tout le temps ?

Comment ils font pour mener une vie normale ? Pour ne pas se cogner la tête contre les murs ?