Lettre d'amour écorché
Trois semaines. C’est pas beaucoup, trois semaines. Et pourtant elles ont été longues. Je me sens couler doucement, m’enfoncer encore dans ce pathétisme absurde de penser à toi avec des si…
Se laisser aller et craquer encore ? Ou bien me faire violence à nouveau et me rappeler moi-même qu’il faut que je me reprenne en main, que j’arrête mes conneries, que je ne peux penser à toi justement que pour me rappeler de ne plus y penser ? Essayer de me mentir à moi-même pour faire en sorte qu’a chaque fois que tu viennes envahir mes pensées, je puisse dresser la barrière mentale et automatique qui m’empêche de me rouler doucement dans ce duvet douillet de mélancolie ? Tous les jours le même choix. Craquer ou pas craquer, sortir, fuir, se bouger pour ne pas avoir encore rendez-vous avec toi entre mes quatre murs, ou justement aller à ton encontre, surtout ne pas rater l’audience avec ma tristesse ?
Je croyais que je pouvais contrôler mes sentiments. Me mentir à moi-même comme aux autres, tout en essayant de ne pas en être consciente. Je le croyais parce que ça faisait trop longtemps que je n’avais pas essayé. J’avais oublié que je n’en suis pas capable, qu’ils font ce qu’ils veulent ces salauds.
Ça peut paraître tout à fait incohérent de ne pas pouvoir, précisément maintenant, retenir ce flot de mots qui veulent parvenir jusqu'à toi et te murmurer que je t’aime. Je ne peux plus les retenir. Voilà, c’est tout. C’est comme un barrage qui se fend en dizaines de petits morceaux et laisse couler d’un coup toute l’eau accumulée. Mes mots te cherchent avec la violence d’une chute d’eau. Le flot continu -plus ou moins paisible- de paroles qui courraient te chercher s’est interrompu, et du coup elles se sont accumulées jusqu'à déborder. Auparavant nos conversations étaient comme une étendue d’eau avec une surface souvent calme et un dédale de courants souterrains. Avec le débordement tout y est passé, l’eau trouble est venue perturber la surface et les pattes de mouche qui viennent te dire les trois mots les plus vides de sens de l’histoire déboulent en vrac maintenant, ici, partout.
Toute cette métaphore tordue comme je les aime vient répondre à la question de pourquoi est ce que je t’en parle, maintenant, de mes sentiments. Je ne cherche plus rien, reprendre le chemin qu’on avait pris est insensé et dangereux, et nous ne pourrions jamais de toute façon être ensemble. Je ne cherche donc plus rien, et j’insiste, je n’ai plus d’espoir sur lequel miser, mais je suis ici à t’écrire pour te raconter que je t’aime. Belle incohérence, pour changer ? Peut-être, sûrement. Ça ne sert à rien de trouver un sens à notre histoire, ça ne sert à rien et quand j’essaye les conclusions font trop mal pour vouloir s’y aventurer…
J’ai beaucoup de mal à croire que cette rupture te laisse complètement indifférent, et voilà aussi pourquoi je ressens le besoin de te raconter tout ça, je me dis que si je te raconte ce que je crois avoir compris, peut être que ça t’aidera toi aussi.
Quoi que dans ton « anesthésie totale blonde» je suppose que tu regardes mon dramatisme d’un œil apitoyé, sans pour autant en arriver encore au mépris ?
Tu vois, je ne peux jamais m’empêcher d’écrire aussi ton rôle dans tous mes scénarios et dans cette scène le personnage craque, n’en peut plus et te raconte son amour.
Pas de fioritures superflues, je t’aime…exactement, te dit-elle
pas comme je n’ai jamais aimé personne, ça m’est déjà arrivé,
pas comme je n’aimerai jamais personne, j’ose espérer que oui.
Exactement je t’aime. Point, c’est tout. Retour à la ligne.
Je lui minimise le cadre à cet amour, mais ça ne ternit pas la violence du sentiment pour autant. Il faut donner aux choses sa place pour qu’elles ne prennent pas toute la place.
Et là tu prends toute la place.
Je t’ai aimé tout le temps. Je t’ai aimé moi, pas ce personnage qui a vécu l’histoire toute seule, en donnant réplique au vide, mais moi, celle qui est malgré tout derrière ce manège infernal de hauts et de bas, celle qui se voulait virtuose de la limite, qui croyait par l’intermédiaire du personnage qu’elle s’écrivait avec toi au fil des nuits, s’éloigner des vrais sentiments. Ce je qui a été ébahie par le miroitement des flammes, qui s’y est trop frôlé et a fini par s’y brûler. Voilà comment j’ai pu me laisser entraîner là dedans.
T’est un blaireau comme les autres mais malgré tout je suis tombée amoureuse de toi,
tu n’est qu’un enmerdeur paumé comme les autres, mais je t’aime.
Et je n’ai que ma partie de la réponse, à ton Comment on a pu se laisser entraîner là dedans. Et je trouve marrant comment je ne sais pas lui donner une définition à ce « là dedans ».
Je pourrai donc encore m’aventurer à t’écrire la réplique, et chercher aussi ta réponse, mais je fais un effort pour rester de mon côté, cette fois ci.
Je sens un peu comme si je l’avais écrite, notre histoire, pas vraiment vécue. C’est peut être pour ça que c’est compliqué d’en dessiner la structure, il n’y a pas de sens, juste à la rigueur, des traces de fil conducteur…
A force de lire et de me plonger avec toi dans les mots chaque soir, j’ai voulu vivre la vie comme dans un roman. Je m’ai accordé la bohémie de vouloir écrire et je nous ai écrit une histoire. Et maintenant que j’essaye encore d’écrire autre chose, je me retrouve à t’écrire quand même, parce que j’aime beaucoup notre histoire, et il faut que je comble de gros blanc qui s’installe dans mon écran, dans mes feuilles, dès qu’il s’agit d’écrire autre chose que notre histoire. Je la trouve quelque part si belle, comme histoire, indépendamment des personnages et des rôles, en laissant de côté la vraie douleur qui en est devenu le socle, que je m’y vois comme un personnage, à l’intérieur, et quand je nous relis, ces centaines d’heures de conversations qui ne se sont pas volatilisé dans l’air et restent sur les logs, c’est presque comme si je lisait un roman.
Un roman que j’aime beaucoup et qui me laisse anxieuse la fin approchant. Tu sais quand t’est à fond dans un livre et tu sais que tu n’as plus que les dernières pages et que tu te dis putain qu’est ce qui va arriver finalement ? C’est quoi le dénouement, et t’est impatient de le connaître mais en même temps triste que le livre soit sur le point de se finir, parce que tu l’as savouré du début jusqu’à la fin ? Parce que l’histoire était bonne, t’a ému, t’a changé, t’a fait vibrer, t’a fait tourbillonner, pleurer, rire, parce que tu as aimé, l’histoire ?
C’est ça cette histoire. C’est ça que j’ai vécu avec toi. Et c’est pour ça que j’ai besoin de te dire que je t’aime. C’est les dernières pages. Et le roman ne pouvait pas se finir sans cet épisode.
je t’embrasse,
Se laisser aller et craquer encore ? Ou bien me faire violence à nouveau et me rappeler moi-même qu’il faut que je me reprenne en main, que j’arrête mes conneries, que je ne peux penser à toi justement que pour me rappeler de ne plus y penser ? Essayer de me mentir à moi-même pour faire en sorte qu’a chaque fois que tu viennes envahir mes pensées, je puisse dresser la barrière mentale et automatique qui m’empêche de me rouler doucement dans ce duvet douillet de mélancolie ? Tous les jours le même choix. Craquer ou pas craquer, sortir, fuir, se bouger pour ne pas avoir encore rendez-vous avec toi entre mes quatre murs, ou justement aller à ton encontre, surtout ne pas rater l’audience avec ma tristesse ?
Je croyais que je pouvais contrôler mes sentiments. Me mentir à moi-même comme aux autres, tout en essayant de ne pas en être consciente. Je le croyais parce que ça faisait trop longtemps que je n’avais pas essayé. J’avais oublié que je n’en suis pas capable, qu’ils font ce qu’ils veulent ces salauds.
Ça peut paraître tout à fait incohérent de ne pas pouvoir, précisément maintenant, retenir ce flot de mots qui veulent parvenir jusqu'à toi et te murmurer que je t’aime. Je ne peux plus les retenir. Voilà, c’est tout. C’est comme un barrage qui se fend en dizaines de petits morceaux et laisse couler d’un coup toute l’eau accumulée. Mes mots te cherchent avec la violence d’une chute d’eau. Le flot continu -plus ou moins paisible- de paroles qui courraient te chercher s’est interrompu, et du coup elles se sont accumulées jusqu'à déborder. Auparavant nos conversations étaient comme une étendue d’eau avec une surface souvent calme et un dédale de courants souterrains. Avec le débordement tout y est passé, l’eau trouble est venue perturber la surface et les pattes de mouche qui viennent te dire les trois mots les plus vides de sens de l’histoire déboulent en vrac maintenant, ici, partout.
Toute cette métaphore tordue comme je les aime vient répondre à la question de pourquoi est ce que je t’en parle, maintenant, de mes sentiments. Je ne cherche plus rien, reprendre le chemin qu’on avait pris est insensé et dangereux, et nous ne pourrions jamais de toute façon être ensemble. Je ne cherche donc plus rien, et j’insiste, je n’ai plus d’espoir sur lequel miser, mais je suis ici à t’écrire pour te raconter que je t’aime. Belle incohérence, pour changer ? Peut-être, sûrement. Ça ne sert à rien de trouver un sens à notre histoire, ça ne sert à rien et quand j’essaye les conclusions font trop mal pour vouloir s’y aventurer…
J’ai beaucoup de mal à croire que cette rupture te laisse complètement indifférent, et voilà aussi pourquoi je ressens le besoin de te raconter tout ça, je me dis que si je te raconte ce que je crois avoir compris, peut être que ça t’aidera toi aussi.
Quoi que dans ton « anesthésie totale blonde» je suppose que tu regardes mon dramatisme d’un œil apitoyé, sans pour autant en arriver encore au mépris ?
Tu vois, je ne peux jamais m’empêcher d’écrire aussi ton rôle dans tous mes scénarios et dans cette scène le personnage craque, n’en peut plus et te raconte son amour.
Pas de fioritures superflues, je t’aime…exactement, te dit-elle
pas comme je n’ai jamais aimé personne, ça m’est déjà arrivé,
pas comme je n’aimerai jamais personne, j’ose espérer que oui.
Exactement je t’aime. Point, c’est tout. Retour à la ligne.
Je lui minimise le cadre à cet amour, mais ça ne ternit pas la violence du sentiment pour autant. Il faut donner aux choses sa place pour qu’elles ne prennent pas toute la place.
Et là tu prends toute la place.
Je t’ai aimé tout le temps. Je t’ai aimé moi, pas ce personnage qui a vécu l’histoire toute seule, en donnant réplique au vide, mais moi, celle qui est malgré tout derrière ce manège infernal de hauts et de bas, celle qui se voulait virtuose de la limite, qui croyait par l’intermédiaire du personnage qu’elle s’écrivait avec toi au fil des nuits, s’éloigner des vrais sentiments. Ce je qui a été ébahie par le miroitement des flammes, qui s’y est trop frôlé et a fini par s’y brûler. Voilà comment j’ai pu me laisser entraîner là dedans.
T’est un blaireau comme les autres mais malgré tout je suis tombée amoureuse de toi,
tu n’est qu’un enmerdeur paumé comme les autres, mais je t’aime.
Et je n’ai que ma partie de la réponse, à ton Comment on a pu se laisser entraîner là dedans. Et je trouve marrant comment je ne sais pas lui donner une définition à ce « là dedans ».
Je pourrai donc encore m’aventurer à t’écrire la réplique, et chercher aussi ta réponse, mais je fais un effort pour rester de mon côté, cette fois ci.
Je sens un peu comme si je l’avais écrite, notre histoire, pas vraiment vécue. C’est peut être pour ça que c’est compliqué d’en dessiner la structure, il n’y a pas de sens, juste à la rigueur, des traces de fil conducteur…
A force de lire et de me plonger avec toi dans les mots chaque soir, j’ai voulu vivre la vie comme dans un roman. Je m’ai accordé la bohémie de vouloir écrire et je nous ai écrit une histoire. Et maintenant que j’essaye encore d’écrire autre chose, je me retrouve à t’écrire quand même, parce que j’aime beaucoup notre histoire, et il faut que je comble de gros blanc qui s’installe dans mon écran, dans mes feuilles, dès qu’il s’agit d’écrire autre chose que notre histoire. Je la trouve quelque part si belle, comme histoire, indépendamment des personnages et des rôles, en laissant de côté la vraie douleur qui en est devenu le socle, que je m’y vois comme un personnage, à l’intérieur, et quand je nous relis, ces centaines d’heures de conversations qui ne se sont pas volatilisé dans l’air et restent sur les logs, c’est presque comme si je lisait un roman.
Un roman que j’aime beaucoup et qui me laisse anxieuse la fin approchant. Tu sais quand t’est à fond dans un livre et tu sais que tu n’as plus que les dernières pages et que tu te dis putain qu’est ce qui va arriver finalement ? C’est quoi le dénouement, et t’est impatient de le connaître mais en même temps triste que le livre soit sur le point de se finir, parce que tu l’as savouré du début jusqu’à la fin ? Parce que l’histoire était bonne, t’a ému, t’a changé, t’a fait vibrer, t’a fait tourbillonner, pleurer, rire, parce que tu as aimé, l’histoire ?
C’est ça cette histoire. C’est ça que j’ai vécu avec toi. Et c’est pour ça que j’ai besoin de te dire que je t’aime. C’est les dernières pages. Et le roman ne pouvait pas se finir sans cet épisode.
je t’embrasse,

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home