mercredi, avril 27, 2005

En vrac

Dans cette foulée de sensations parfaitement inquiétantes, où la température de mes mains descend au dessous de zéro, je continue en vain à m’interroger sur la signification exacte de ces mots en relief que je sens battre dans mes poignets.
C’est comme si une histoire menaçante se livrait à moi, à travers un code morse dans mon arythmie cardiaque.
Je frisonne.
Est ce de froid ou d’envie de me débarrasser de ces pensées dérangées qui sont montées sur mes épaules et me poussent vers la terre dans une métaphore Baudelairienne, qui jonchent ma tête à même le sol ?

Dans cet huis clos asphyxiant où je suis en tête à tête avec moi-même, avec un amas de sensations dont je ne sais que faire, avec cet Horla meurtrier qui m’empêche de refaire surface, je tourne en rond comptant les heures qui me séparent d’une nouvelle fuite de moi-même, en arrière cette fois-ci.

Le problème quand on part trop loin, est que à force de vouloir se détacher de tous ce qui nous lastre dans la fuite en avant à travers les sensations nouvelles et inédites est que l’on finit par perdre les repères qui nous ancrent à quelque chose.

mardi, avril 26, 2005

Monsoon

Voici des mois que j’entretiens
l’absurde dépendance
d’un petit regard bleuté
tâchant de remonter la pente en amont
je me retrouve
lancée dans la chute en aval
sans pour autant connaître
le degré d’inclination de la pente…


Attachée à une gymnastique mentale
qui pousse machinalement au sourire
je m’abandonne à l’oisiveté tiède
qui compense l’intensité montante
de pensées qui défilent
comme sur une fenêtre de train
à une vitesse vertigineuse
qui me donne le tournis.

Et dans cet étrange dialogue
que je tiens avec moi-même
tout le monde est exclu
je me renferme
dans cette bulle étouffante d’air rassis
où je me trouve à l’aise mais isolée.

J’aimerai oublier
laisser de côté cette manie
de m’obséder pour le moindre détail
passer sur l’envie, et le besoin
de compter pour quelqu’un,
de m’arracher de cette immense solitude
que je creuse à même les ongles
autour de moi.

J’invente des images,
je les ramasse à la sortie même
du fil de pensées dérangées
que je m’acharne à suivre,
de haut en bas.
Toujours dans l’attente
de ce stupide regard bleuté,
délavé de sens et de couleur
qui déteint sur chacun de mes mouvements,
je fonce sur les paradis artificiels
en me contaminant de la passivité
morne et désabusée
d’un contexte dans lequel
j’ai du mal à m’inscrire...