samedi, octobre 22, 2005

Mlle Pertinence

Sept jours de course effrénée au bord du gouffre.

Un trivial pour suite destiné à m'écoeurer, me laisser sans coeur, sans raison, sans vie, sans souffle.

Et le pire c'est que je veux me retenir et c'est moi qui le pousse encore plus loin. Des jours entiers à essayer de surtout ne pas penser, effacer toutes les certitudes acquises le dernier mois, repartir à zéro de la première case de ce jeu infernal.
Surtout ne pas parler de nous, de peur de casser ce silence, cet équilibre qui ne tient qu'a un fil mais qui fait que l'on puisse encore se parler, qui rend possible l'aveuglage nécessaire pour conserver encore, ne serai-ce qu'un jour de plus, ce plaisir intact d'ouvrir un email et que ce soit lui, qu'il passe d'absent à là sur msn, le guetter, le suivre mentalement, et tu fais quoi, là maintenant, comment oses tu penser à autre chose qui ne soit pas moi et la prochaine fois qu'on se reverra? Mais en même temps c'est insensé de se revoir. Pour quoi faire? Se jeter l'un sur l'autre, et passer encore un moment de plaisir sans lendemain avec le mal de tête du trop plein de questions qui s'ensuit?

Non merci.
Et oui s'il te plait.

Chanson fatigante qui se reproduit toutes les 3mn exactes dans ma tête, question qui revient avec une cadence insupportable dès que j'arrive à penser à autre chose, et ça c'est quand elle n'était pas déjà là, depuis 3 mn, depuis des heures...

Je me dis que bon, il y a d’autres choses plus importantes dans ma vie à part le sexe.

- Attends que finisse le ricanement désabusé de mon surmoi à ces mots, c’est un bourdonnement dans mes oreilles, j’entends plus rien.

J’ai un secret à ne pas te dire.

Il faudrait que j’arrête cette branlette mentale du comment du pourquoi, du pourquoi du comment.

Je ne vais pas le quitter mon amour. Il me dépare une vie sans explosions. Mais une vie. Une vraie. Qui inclue des vrais mots d’amour et pas ces demi mots, sots et délicieux...

Comment ne pas hésiter, comment garder la certitude sachant que je me connais, que je suis capable d’analyser le processus en externe, comme si c’était pas moi et que je me recommanderai moi-même, comme à n’importe quel fou dans cette situation, de tout arrêter, tout de suite ?

Il a juste rebondi. Malade et fiévreux il est aussi seul que je ne le suis dans cette baraque qui tombe en morceaux. Il a choisi mentalement entre moi et rien. Un bon coup et un lit vide. Je ne peux pas lui en vouloir. Mais je lui en veux. Il ne pouvait pas rester ferme dans son dérisoire pétage de plombs ? Pourquoi est ce qu’il doit me suivre dans le doute, pourquoi est ce qu’il ne peut pas me torturer encore un peu, m’aider à le détester pour pouvoir sortir de ce gouffre ?

Mais il s’en fout lui, pourquoi est ce qu’il ferait tout ça ? Juste parce que j’en ai besoin ? Juste parce que ce serait plus simple pour moi? C'est pas le rôle de Darth Vader que je lui fait jouer là. C'est la moitié des vies de la comédie française en mode boule de cristal, vient deviner et combler mes besoins.

Qu'est ce que je peux être conne, parfois.

Toute la journée à essayer de savoir ce qu'est un à propos. Pour une fois qu'il me dit qu'il adore un truc chez moi, et j'arrive même pas à savoir ce que c'est. Génial.

Je ne sens déborder de ces lignes. Déborder dans tous les sens.