lundi, septembre 05, 2005

La folie...

La ligne de ton cou, cette plage de chair tendre où j’aime enfoncer mon nez, te respirer de près, me fondre, te dire du bout de mes lèvres l’espace d’un bref frôlement que je veux t’appartenir toute entière, cette ligne blanche et douce, moelleuse presque, encombre mes pensées le jour et mes rêves la nuit…

Je rejoins dans la jouissance que tu me provoques le sauvage et le limpide, je me sens écorchée vive par cette fureur inouïe que je sens croître entre mes jambes, tu m’as fait retrouver la folie, l’abandon, le plaisir, tu as repoussé les limites de ma déraison. Je m’abandonne cycliquement au frémissement de mes cuisses, qui t’attendent, te guettent, te désirent, te souhaitent, te nécessitent et franchissent -sans me demander mon avis- le seuil de la patience…

Lorsque l’adrénaline retombe -à chaque fois- j’attends un je ne sais quoi, j’observe, je t’observe, je dessine tes traits du bout des doigts, de la pointe du nez, du bout des lèvres et je m’installe dans ce silence contemplatif qui me donne le tournis. J’aimerai tant te parler, te soupirer mille obscénités à l’oreille, mille secrets, mille mots doux…

Mais les mots maintenant je m’en méfie, j’en ai abusé, je les ai abusés et ils se sentent fatigués, accablés par cette histoire infinie que je leur fait raconter sans cesse dans mes pensées, de ces dessins tortueux qu’ils forment sur les bout électrisés de mes connexions neuronales, épuisés de remuer sans cesse, de devoir former des dessins insensés, comme une longue corde tombée par terre, qui s’emmêle, se tortille dans l’espace et égare les repères, il n’y a plus de début, ni de fin, tout est un amas insensé de fantaisies et phantasmes.. Je cherche donc le silence, il n’y a guère que ta voix, tes soupirs, qui valent mieux que le silence…

Je n’en veux pas de ce désespoir qui s’affiche sur mon visage quand tu me quittes, cette peur constante de -quand est ce que ce sera la dernière fois ?-, et l’angoisse entre les baisers, toujours la même question, lasse de son manège, quand ? quand ? quand est ce que je vais te voir ? quand est ce que j’aurai encore le droit de resserrer mon étreinte, de te ramener vers moi, de d’enfoncer mes doigts sur la peau salée de tes épaules et le pousser vers moi, dans moi ?

L’attente entre ces brefs moments furtifs, fugitifs, mille fois plus délicieux du fait qu’ils sont rares, rares, attendus et défendus, est comme une passion brûlante, une passion amplifiée par l’absence, par l’impossibilité de t’avoir à part entière, qui me dévore, me déchire, fais de moi une femme tourmentée et capricieuse…

Le besoin de t’avoir en moi, sur moi, dans moi, contre moi me hante et m’obsède, me fait par moments frôler la démence, et je me sens devenir un animal, comme la chaleur déraisonnée et déraisonnable d’un félin qui ne peut que chercher, désirer, convoiter, et se retrouve lacéré par le désir pressant d’étancher cette soif de plaisir, de jouissance..

Tu as réveillé la démesure en moi, une gourmandise, un besoin de m’empiffrer de ta peau, de te dévorer tout entier, te manger, te bouffer, te croquer, te lécher, te mordre, doucement, violemment, goulûment, tu as réveillé ma volupté, ma soif, ma faim, mon appétit, ma débauche, ma démence…

Que m’as-tu fait magicien de l’inédit?
Quel filtre poissonneux ai-je avalé ?
Et comment se délivrer de ton sortilège ?