lundi, septembre 05, 2005

Le labyrinthe

Ou la réponse du psychopate.


Ce soir, j'ai foulé de mes pas le labyrinthe
j'ai suivi ses circonvolutions
j'ai laissé ma main droite effleurer le ciment de ses murs, et mes pieds
fouler le marbre de son sol
toujours à droite, toujours prendre à droite
prendre à droite, être droit, c'est le seul moyen de sortir indemne du
labyrinthe
mais est ce que j'ai vraiment envie d'en sortir ?
est ce que je n'ai pas envie de m'y perdre pour de bon, dans ces couloirs
déserts, dans ces alcoves oubliées, dans ces escaliers usés par les fantômes
de mes pensées ?
Je vais devoir en sortir,
il me faut boire
il me faut manger
il me faut dormir
mais est ce que je ne suis pas dépendant à cet égarement admis et voulu ?
est ce que je n'aime pas être épuisé et hagard, crevant de faim et de soif, le
corps tellement saturé de mes propres poisons que la réalité se dissout
doucement, se masque, et se transforme, se fragmente et tombe en pièces
éparses et tellement négligeables ?
le labyrinthe veut me retenir
et j'y suis bien
je me love contre sa pierre chaude,
je pose mon oreille contre cette
maçonnerie séculaire, qui pulse tellement de vie, tellement débordante...
je suis recroquevillé en son sein
c'est ma nourriture, et c'est ma boisson et c'est mon sommeil
une nourriture qui l'affame
une boisson qui l'assoiffe
un sommeil qui l'extenue
Est ce que je peux lui imposer cela ?
Dois je sortir du labyrinthe, si il ne trouve pas la force de m'expulser ?
Dois je lui laisser le choix ?
Peut être pas...


Lui.