samedi, septembre 10, 2005

Récapitulatif de courage

Je m'apprête à prendre mon courage à deux mains.

Je pars.

Partir n'est sans doute pas le mot, on ne peut pas partir de là ou on est pas, mais je le quitte, c’est fini, j’en peux plus, c’est trop. Je veux briser la spirale qui me penche vers la terre, je veux plus de cette ivresse qui me brouille les sens et la pensée, ce vertige furieux qui m’entraîne dès que je ne fais plus attention.

Je pensais que je devais trouver les limites. Mais les limites n’existent pas. C’est à soi de les mettre, les définir, leur donner du sens, du relief, construire les murs qui nous laissent respirer, parfois pour justement les repousser plus tard ; les abattre, mais les construire quand même.

Je veux devenir raisonnable, moi, la pas raisonnable, moi l'excessive, moi la fouteuse de merde. J'ai un an de plus très bientôt. C'est toute ma vie 23 ans. Et je crois que c'est le moment de faire le choix. Soit renouer mes liens avec la folie. Soit les casser à toujours.

La vérité c’est dur. Et on reconnaît les vrais amis à ce qu’il sont là pour nous la rappeler, même si c’est pas marrant. Même si c’est chiantissime, et que ça fait horriblement mal, et que ça nous déchire de l’intérieur. Mais c’est en se déchirant parfois qu’on se retrouve. Pas tout neuf. Mais d’une pièce. Ou en d’assez de gros morceaux pour les recoller.

J'avais déjà pris la décision à plusieurs reprises. La dernière, j'étais convaincue, sûre de mon coup. Et puis encore ce fremissement entre mes jambes. Et puis encore cette envie de lui.

Et toutes les certitudes se sont effondrées. Je me suis laissée gagner par l’urgence de lui dire tout ce que j’avais sur le cœur, de partager encore tout un tas de choses. Mais je me suis finalement rendue compte que c’est maladif, je suis malade, obsessive, compulsive, tarée, psychopathe, le partage ne peux pas se finir, il y a toujours encore des non dits, des vides à remplir, des choses à se dire.

J’ai voulu croire que ça se ferait malgré moi, qu’il finirai bien par partir, mais il part plus. Je me suis laisser piéger par la facilité de me dire que de toute façon il y avait une date de péremption, un adieu obligé, timé. Mais je n’ai plus à attendre que quelqu’un prenne la décision pour moi. Ni le temps ni personne.

Je l’ai prise.

Ce soir on fête mon anniversaire à deux, et dans cette plage de temps entre le coucher et le lever du soleil, je coupe les ponts. Je pars, je m'enfouis, je nous quitte, je me meurs. Je ne veux plus le voir, je ne veux, je ne peux pas continuer comme ça.

J’ai finalement réalisé que pour mettre fin à cette relation, il suffit d’un rien, d’un brin de paille. J’ai vécu des mois dans la peur que ce soit lui qui me quitte, qu’il finisse cette histoire. Mais j’ai plus peur. Je me prends en main. Je nous quitte. Je construis mon mur. J’ai vécu ce que j’avais à vivre. La vie d’une autre. D’une intensité tellement furieuse que c’était presque comme si j’avais volé la vie de quelqu’un d’autre. Mais c’est ma vie que je veux.

La pluie martèle les pavés en bas de la cour. Mais j'ai un peu de paix à l'intérieur, dans l'oeil de la tempête, avant l'orage, je suis calme. C'est un peu comme si j'avais anéthesié l'angoisse. Elle reviendra. Je sais que ça ne va pas être simple. Que je vais regretter notre histoire à un moment donné, mais pour une fois je veux les regrets. J’ai assez de remords.



Would he be able to love the person I've become?